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La femme sans tête

Sélection officielle - Compétition
Argentine / sortie le 29.04.2009


MARTEL (S')ENTETE





"Pourquoi on perd toujours la tête dans cette famille ?"

De l’art de réaliser un film dénué de narration en prenant comme point de départ un sujet de thriller… Au lieu de faits (indices, enquête, révélations) ou même de psychologie (comment Veronica, l’héroïne, gère son sentiment de culpabilité), Lucrecia Martel dilue son récit dans des scènes contemplatives et anecdotiques sans aucun lien avec l’intrigue, et totalement dénuées de dramaturgie. On assiste donc à de longues tergiversations autour de pots de fleurs ou encore à des conversations lénifiantes sur la construction d’une piscine, un quotidien des plus banal dont on attend vainement qu’il finisse par basculer dans autre chose.

Cela se présentait bien, pourtant, avec une vraie trouvaille scénaristique (la seule du film) consistant à rendre l’héroïne de plus en plus inconsistante au fur et à mesure que grandit son trouble. A l’écran, cela se traduit par l’utilisation de la profondeur de champ pour faire d’elle une silhouette floue dans une image nette. Comme hors d’elle-même, l’héroïne n’est plus qu’une tache de lumière au demi-sourire énigmatique et halluciné à qui le monde extérieur échappe totalement. La réalité perd alors ses contours, et l’on ne sait plus si l’on est dans le fantasme, le cauchemar ou la réalité. Y avait-il chez Lucrecia Martel l’intention de réaliser une sorte de Mulholland drive argentin (avec une héroïne passant du blond platine au noir corbeau, des trous de mémoire et des morceaux de vie littéralement effacés) ou simplement le désit de vider de sa substance une classique histoire de meurtre et de culpabilité pour n‘en garder qu’une série d’impressions édifiantes ? Hélas pour elle, dans le premier cas c’est inabouti, dans le second c’est maniéré, et quoi qu’il en soit, son film n’est au final qu’un ennuyeux exercice de style raté, prétentieux et quasiment malhonnête.

MpM



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