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Quinzaine des réalisateurs - Compétition
USA


LOS ANGELES PARANO





«- T’as employé le mot paradigme ?»

Gregg Araki rit. Cela ne ressemble pas un jeu de mot suicidaire mais bien à l’état d’esprit de cette comédie déjantée, défoncée, déchirée. Le monde y est stone. Un monde visuellement intrigant, imaginatif, qui illustre parfaitement les délires intérieurs de son héroïne, Anna Faris, blonde pas si belle, mais épatante dans le rôle.
Si le personnage peut être jugé pathétique, il n’en est pas moins touchant et hilarant. Miss catastrophe hallucine, et nous fait tordre de rire avec ses situations et ses opinions. Rien ne se passe comme dans un film convenu. Le gâteau de Peau d’âne est surdosé en herbe, le Tony Soprano du coin va juste saisir les meubles… Son héros s’appelle même Garfield, puisqu’ils ont la même passion : les lasagnes.
Cet After Hours diurne et californien est un good trip, et le spectateur est aux anges. Bien sûr tout cela est vain et même vide. Bien sûr, les personnages secondaires paraissent moins intéressants et nous égarent même dans des voies moins captivantes. Mais l’écriture est jolie, ciselée, romantique. Araki réussit son coup si l’intention était de réaliser un film superficiel et léger. D’autant qu’il se permet d’être subversif ; par exemple, quand le Manifeste de Marx et Engels se répand sur toute la ville.
Ca ne porte pas à conséquence. Mais en s’attaquant à la blondinette moyenne irresponsable, il démontre, à travers des tas de visages, que la précarisation et la déculturation de nos sociétés entraînent une lente autodestruction, où la seule évasion possible s’appelle le rêve.

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