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Import export

Sélection officielle - Compétition
Autriche


L’INHUMANITE





"Souriez plus que les autres."

Plus de deux heures pour prouver que l’argent peut tout acheter, même la dignité humaine, et que certains hommes sont le rebus de l’Humanité, ça fait long. D’autant que la démonstration se fait avec un misérabilisme et une complaisance qui donnent la nausée. Les différentes scènes de domination sexuelles (par écran interposé pour un service érotique en ligne, puis dans une chambre d’hôtel miteuse contre quelques billets), excessivement explicites et étirées à l’infini, comme si Seidl cherchait à se repaître des humiliations infligées à ses personnages féminins, ne semblent là que pour choquer le spectateur. Hormis l’aspect sexuel des sévices, son "héros" masculin, Paul, n’est guère mieux traité, qui se retrouve ligoté en caleçon dans un parking souterrain.

Le réalisateur n’aime décidément pas ses personnages et la question se pose sérieusement de savoir s’il aime l’espèce humaine en général. Le portrait qu’il en brosse, en tout cas, est apocalyptique : pas un pour rattraper l’autre. Vendeurs de chair humaine, beau-père pervers qui oblige son fils à observer ses jeux sexuels, bourgeoise mesquine qui profite de la misère d’autrui, infirmière hautaine et malveillante… Ceux qui croisent la route d’Olga et de Paul ont tous comme point commun une indifférence, une absence de compassion, voire une cruauté qui dépassent l’entendement. Tout est si uniformément sordide dans cette histoire que l’on plaint Seidl d’avoir une vision à ce point pessimiste du monde dans lequel il vit. Et qu’on ne peut s’empêcher de lui en vouloir, aussi, de nous infliger une telle accumulation d’horreur. Gratuitement trash et provocateur, Import export se condamne de lui-même à la confidentialité la plus méritée.

MpM



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