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Une vieille maîtresse

Sélection officielle - Compétition
France / sortie le 30.05.2007


CORPS SAGES





"En amour, le premier qui souffre a perdu."

Catherine Breillat adapte Jules Barbey d’Aurevilly et renonce le temps d’un film au parfum de scandale qui a accompagné ses précédents longs métrages. L’intrigue d’Une vieille maîtresse, qui n’est pas sans évoquer celle des Liaisons dangereuses de Laclos, la perversité et le style en moins, reste en effet d’un classicisme tranquille. Les corps sont corsetés, de même que les consciences, et ne se dévoilent guère. Pour s’exprimer, les sentiments en sont réduits bien plus aux paroles qu’aux actes, et d’interminables conversations "de salon" tentent d’entretenir l’attention.

Peine perdue, on se perd un peu dans ces bavardages incessants et empesés qui mettent involontairement l’accent sur la plus grosse faiblesse du film, à savoir ses acteurs. Hormis Fu’ad Aït Aattou, qui a véritablement le physique de l’emploi (même s’il semble un peu jeune pour le rôle), tous sonnent terriblement faux. Asia Argento en fait des tonnes, Claude Sarraute et Yolande Moreau sont dans l’artifice outré, même Michael Lonsdale manque de consistance. Du coup, on ne croit ni à la passion qui dévore Vellini et Ryno, ni aux tentatives répétées des autres pour empêcher le mariage.

L’intrigue, elle, sent un peu le combat d’arrière-garde. La réalisatrice fait de cette histoire une charge contre le mariage en tant qu’institution empêchant l’amour de s’épanouir. Clamant son amour de la liberté, elle traque chez ses personnages cette force d’attraction qui pousse les êtres dans leurs derniers retranchements et que rien n’est capable d’enrayer, pas plus la raison que les conventions. Pourtant, en guise de sensualité et d’émotion, on n'a droit qu'à des séquences grotesques (le "viol sacrificiel" dans le désert, le vampirisme appuyé de l’héroïne) ou terriblement convenues. Inévitablement, la juxtaposition de ces scènes statiques au possible fige la mise en scène dans un académisme des plus monotones. La vague de passion censée submerger Ryno et Vellini n’emporte avec elle que les longues minutes du film.

MpM



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