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En avant jeunesse (Juventude em marcha)

Sélection officielle - Compétition
Portugal


L'EXPERIENCE INTERDITE





« On dirait que je suis en deuil de moi-même »

Mais que vient donc faire ce film en compétition officielle ? On aurait tendance à dire « que vient faire ce film ? » tout court. A fortiori en fin de festival. Un vrai test d'endurance, au-delà de l'insupportable. De séquences ternes, toujours plus soporifiques en plans réitérés (suite de conversations, répétitions) et/ou même décors, même point de vue, même personnages, même ton, même ) - à croire que Pedro Costa aura cloué son trépied au sol - on ne pourra qu’être prématurément tenté de quitter la salle. Séquences après séquences, comprenez ici plans après plans - il doit bien y en avoir une trentaine, quarante maximum sur plus de deux heures et demi de film - En avant jeunesse est un défilé de radotages. L'incontournable, pour le coup : nos jeunes gens et demoiselles nous paraîtront prématurément bien usés.
Que de longs monologues - au mieux des bavardages - copiés-collés ! Tournés, coupés, lentement montées, réchauffés et projetés. Dès les premières séquences, En avant jeunesse ne nous laissera qu'entrevoir 2h34 de supplices. Une épreuve de patience, à côté de laquelle - très objectivement, sans aucune volonté de cynisme - même le film de Dumont nous semblera fresque d'action. C'est dire ! Nombreux auront jeté l'éponge, quittant la salle au fil de cette leçon d'indigestion. Nous les aurons presque enviés, tout en restant dans l'expectative : inconcevable que cette route ne conduise nulle part. Quelque chose doit fatalement venir. Patience... Pour la peine, toute somme faite, on tombera de haut puisque rien ne viendra rattraper cette intime dégringolade. Vertigineux !

Aucun enjeu, aucune morale, aucune histoire, aucun travail filmique, aucun but, aucun entrain, aucune incarnation des personnages. Nous irons même ici jusqu'à abstraction des êtres : questions de langage et réception ? Fatalement, oui. Quoi qu'il en soit, d'une façon générale, au grand écran comme dans toute expérience artistique, si expérimentale ou à contre-courant soit-elle (cet échange est d'ailleurs bien le propre de l'air), quelconque public ne pourra jamais adhérer sans recevoir un minimum. Même la répulsion volontaire du spectateur se doit d'avoir un sens. Pedro Costa se sera ici réfugié dans l'inertie. Contre l'utilitarisme ? Question ouverte. Même la chronique sociale n'y sera pas. Sans parler de ces perpétuels récits d'amours par correspondance. Passéistes et bien trop vains pour nous emporter...

Un film en tous points phobique.

Sabrina



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