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festival-cannes.com

 

Bled Number One

Certain Regard
Algérie / sortie le 07.06.06


PAS DE RAB POUR LE RABAH





"- Les fous sont dehors."

Bled Number One étonne déjà par sa laideur. Immédiate, prenante, dérangeante. Un film de vacances en super 8 où le voyage tournerait mal. Le scénario semble aussi improvisé que ce retour à la maison qui se voit gâché par l'arrivée de jeunes fondamentalistes et d'une femme bafouée et délaissée.
La première partie se complaît dans des scènes où le regard se veut curieux, naturaliste (l'égorgement d'un taureau). Ensuite, notamment avec le passage d'un acteur plus connu, étranger, le film bascule dans une fiction qui n'est pas maîtrisée. Déceptions ponctuées par un moment de grâce au bord de la mer. Le cinéma iranien a déjà produit ce genre d'images au point de nous immerger dans cette impression de déjà vu.
Binaire (le mec revenu de France et la femme, autrement dit des étrangers), l'histoire endort par manque de profondeur. Cette volonté de nous faire partager un quotidien aurait pu prendre une ampleur différente en utilisant les objets à disposition : l'idée du barrage a été autrement mieux exploitée par un Suleiman dans Intervention divine. Baigné dans la la torpeur méditerranéenne, manquant d'inspiration, doté de peu de dialogues, on reprochera surtout une certaine facilité visuelle (le parallèle mâle / animal) en dit long sur le simplisme du message.
Récit raté sur la barbarie, il part en vrille et préfère finir en chant et en folie, en exil et en pétage de plomb. Les deux personnages finissent aliénés. Nous endormis. Il aurait fallu un scénariste et un metteur en scène pour que Bled Number One nous invite à un retour aux salles.

V.



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