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Les amitiés maléfiques

Semaine critique - Films en sélection
France


Le cinéma français a une tendresse particulière pour les films de microcosmes, surtout lorsque ceux-ci sont typiquement parisiens, intello et vaguement ridicules. D'où l'étrange sentiment de bien connaître les trois personnages principaux, poseurs, imbus d'eux-même et enfermés dans un univers si réduit que n'importe qui d'autre en verrait la vanité. Eux, non. Ils vont et viennent comme sur une scène de théâtre, en continuelle représentation, persuadé que rien ne compte plus que leurs pseudos réflexions sur la littérature et le monde tel qu'il va.





Emmanuel Bourdieu souffle le chaud et le froid sur ses personnages. André, surtout, la figure centrale, en prend pour son grade : odieux, fabulateur, cruel, tout empli d'idées reçues et d'avis définitifs, ayant même une théorie particulière sur le café sans sucre... En un mot : détestable. Le réalisateur ne lui épargne aucun défaut, multipliant les séquences où il insulte l'un ou l'autre de ses amis pris en flagrant délit d'"écriture littéraire". Dans le genre message subtil, c'est sûr, on a vu mieux.

Mais l'important n'est pas là. Pourquoi André est-il si hostile envers ces apprentis écrivains ? Et surtout, pourquoi ceux qui écrivent se laissent-ils prendre à ses discours fielleux, allant jusqu'à renier leurs écrits ? Voilà le coeur du film, le noeud gordien de cette histoire d'amitié en eaux troubles. Car, bien sûr, les plus odieux ne sont jamais ceux que l'on pense...

Rien de très original, d'autant qu'Emmanuel Bourdieu est loin de faire dans la dentelle. Entre des dialogues bavards et des situations artificielles, ses personnages ont souvent du mal à s'extraire de la caricature et à exister par eux-même. La mise en scène n'arrange pas les choses, morcelant l'intrigue en multiples scènes éparses d'où il ne ressort rien de très clair. Jonglant sans considération avec les différents protagonistes, le film livre un récit froid et excessivement cynique, mais surtout un peu fumeux. Peu à peu, l'agacement prend le pas sur l'amusement, et hormis une fin assez intense, l'ensemble est plutôt ennuyeux.

MpM



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