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festival-cannes.com

 

Hwal (L'arc)

Certain Regard
/ projeté le 12.05.05 / sortie le 14.12.05


PLUS D'UNE CORDE A SON ARC





"- Il parait qu'ils disent l'avenir..."

Kim Ki-duk n'a rien changé à sa recette, ou si peu. Un huis-clos dans un lieu absurde, incitant au surréalisme, une séries d'allégories illustrant la relation entre un Maître et son élève, la libération du monde de l'enfance, et enfin un quelque don surnaturel (ici une forme insolite de voyance). Son cinéma compose ainsi une collection d'oeuvres poétiques, romantiques et esthétiques. Un triptyque pas désagréable. L'Arc nous séduit d'autant plus que son humour, sa musique (captivante) et l'excès de ses métaphores (frôlant ainsi le kitsch) rendent le film désopilant, en plus d'être touchant et intense. Avec un montage haletant, tout en laissant le temps s'installer (même si le vieil homme triche avec le calendrier), le réalisateur nous divertit avec cette histoire d'amour pas comme les autres. L'intensité et l'innocence qui se dégagent de cette romance nous fascinera jusqu'au bout. Les acteurs n'y sont pas pour rien. Muets (ou presque), ils échangent bien plus qu'avec des dialogues. Par leurs regards et leur présence, ils transmettent tous leurs sentiments, que le scénario déploie avec une logique implacable : bonheur, colère, jalousie, folie, passion...
Parfois, le film en fait trop, l'exercice ayant ses limites. Mais la fraîcheur de L'Arc nous conduit à connaître la fin avec intérêt, puisque tout nous intrigue, y compris cette relation mystérieuse entre le vieil homme, la mer et la gamine. L'épilogue est d'ailleurs épatant, entre rite traditionnel et orgasme exceptionnel. L'Arc est un film joli, ou un joli film. Où chaque flèche perce à jour les coups de coeur de nos amoureux. Où le propos ciblera tous les esprits fleur bleue et ceux qui ne craignent pas la naïveté, et désirent s'évader de la réalité. Sans apporter une autre dimension à son cinéma, Kim Ki-duk ravira ses fans, malgré, peut-être une morale légèrement conservatrice, derrière cette façade légèrement sulfureuse...

vincy



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