Production : Les films Alain Sarde, StudioCanal
Réalisation : Emir Kusturica
Scénario : Ranko Bozic, Godan Mihic
Photo : Michel Amathieu
Distribution : Mars
Musique : Dr. Nelle Karajlic

 

Slavko Stimac : Luka
Natasa Solak : Sabaha
Vesna Trivalic : Jadranka
Davor Janjic : Tomo
Mirjana Karanovic : Nada
Nikola Kojo : Filpovic

 

festival-cannes.com
site officiel du film

 

Zivot je Cudo (la vie est un miracle) (Zivot je Cudo (la vie est un miracle))

Sélection officielle - Compétition
/ sortie le 14.05.04

Kusturica vise une troisième Palme d'or (ce serait une première). Il ne s'en cache pas; L'an dernier sur la Croisette, Gilles Jacob priait pour que l'Emir des Balkans soit le plus lent sur la table de montage, que ni Venise, ni Berlin n'en aient la primeur. A Cannes, il a reçu deux Palmes, un prix de la mise en scène, à Berlin un Ours d'argent, à Venise un Lion d'argent. C'était pour son film Chat noir Chat blanc, fantaisie burlesque séduisante, et dernier film en date. Cela fait donc 6 ans que "Kustu" se fait attendre.




Entre temps il a tourné avec son groupe de rock dans le monde entier, il a réalisé quelques pubs, il a débuté les travaux de son "village", il s'est occupé de son voilier...
Et s'est fait suivre par une caméra...
Le 14 mai sur Ciné Cinémas et le 22 mai sur ARTE (après la diffusion du documentaire réalisé par Kusturica, Super 8 Stories, qui relate son expérience de bassiste sur scène), sera diffusé, en complément de la sortie en salles de La vie est un miracle, un reportage suivant à la trace cet homme apparemment secret et difficile à cerner. Kusturica joue le rôle, même si sa mélancolie et sa nostalgie restent hors-cadre. On découvre ainsi un "Tendre barbare", bourru et idéaliste, angoissé et perfectionniste, timide et décalé. Clairement, il se positionne en dehors du système, rejette les studios et adhère à la notion de nationalisme, au nom de l'identité culturelle. Ce leader qui masque ses failles, surnommé Bapu (comme Gandhi), n'hésite pas à raviver la blessure d'Underground, dans un très bel échange avec la Président du jury d'alors, celle à qui il doit sa seconde Palme, Jeanne Moreau.
Lui revendique sa singularité. Un style qui va des Marx Brothers à Shakespeare, qui se doit de croiser l'esthétique de Visconti et l'humour de Fellini, un mélange de punk et d'élitisme. Ce joyeux bordel donne droit à le plus belle séquence du documentaire, où une pluie interrompt le tournage, poussant les figurants et musiciens à s'abriter, et transformant cette avanie en moment de grâce avec musique, danse et rire. Une séquence à la Kusturica grandeur nature. Modeste ou dubitatif, philosophe ou faussement humble, égocentrique ou papa, l'homme passe aux aveux : il n'apprend rien de ses films, se saigne aux quatre veines pour eux, oublie sa vie et s'obsède pour eux, imprime son sang sur la pellicule. A fleur de peau, l'artiste espère que ce film, même avec ses erreurs, aura de la chair. "Le lien entre un film et le public est indéfinissable." La vie est un miracle sera peut-être le miracle de sa vie....

vincy



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