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Production : Europacorp, Open Art, TF1
Réalisation : Gérard Krawczyk
Scénario : Luc Besson, Jean Cosmos
Montage : Nicolas Trembasiewicz
Photo : Gérard Simon
Décors : Jacques Bufnoir
Distribution : Europacorp
Son : Laurent Zeilig
Musique : Alexandre Azaria
Effets spéciaux : Pierre Foury
Costumes: Olivier Beriot
Durée : 95 mn

 

Vincent Perez : Fanfan la tulipe
Hélène de Fougerolles : La Pompadour
Penelope Cruz : Adeline
Didier Bourdon : le Roi Louis XV

 

festival-cannes.com
Vincent Perez
Fanfan version 52
Penelope Cruz

 

Fanfan la Tulipe

Sélection officielle - Ouverture
France

Remake de l'immense succès de 1952, le nouveau Fanfan est le nouveau produit du tandem Besson (producteur, scénariste) / Krawczyk (réalisateur), à l'instar de la série des Taxi. C'est dire... 22 millions d'euros et déjà l'enjeu est situé au niveau où il faut : en dessous de la ceinture, coté bourses. Car évidemment il faudra bien le rentabiliser ! Or, ce n'est pas évident. L'affiche est peu convaincante, la bande-annonce très confuse, et aucun film de ce genre n'a dépassé les 3 millions d'entrées depuis Cyrano (lui-même présenté à Cannes). Nous y reviendrons




Besson est un chouchou du Festival, aussi étonnant cela puisse paraître. Le Grand Bleu y avait été hué par la critique, le Cinquième Elément avait ouvert le festival avec une moue collective. Il fut Président du jury l'année où Von Trier se fit enfin palmer par l'homme aux dauphins. Besson est le Spielberg français, un producteur chanceux. Il est en compétition avec le Blier. Il espère offrir une visibilité internationale à Fanfan, dont il a écrit l'adaptation avec Jean Cosmos (les Tavernier, Le Bossu, Effroyables Jardins). C'est aussi uen consécration inespérée pour Gérard Krawczyk, qui avait présenté son premier court-métrage sur la Croisette il y a 21 ans. L'été en pente douce ou même Je hais les acteurs auraient pu composer une filmographie sensible et amère. Mais après l'échec sans appel d'Héroïnes, il a préféré devenir un faiseur de films d'action (Wasabi, Taxi 2 et 3...). Sa qualité de cinéaste risque d'être rudement mise à l'épreuve, d'autant que Christian-Jaque avait eu le Prix de la mise en scène à Cannes, en 52, avec l'original Fanfan.
Le film pourra-t-il, en cas de critiques acerbes, survivre à cette ouverture ? Rien n'est moins sûr. Fanfan 2003 devait sortir le 9 avril dernier. En face d'une autre production maison, César 10 ans et demi 1m39. Tarantino se désistant, Matrix préférant passer le jeudi, Cannes pense qu'un film léger, en ces temps de guerre, avec un clin d'oeil au passé du Festival, semble le film idéal. La veille de la projection pour la presse, Fanfan la Tulipe est confirmé. Projo annulée. Mais la campagne est lancée. Au dernier moment, des affichettes sauvagement collées annoncent le changement de calendrier. Le calcul était-il bon ? Certes, cela a permis à Moi César de gagner des salles, et donc des spectateurs (pour atteindre péniblement le million de billets vendus). Mais le coût marketing a explosé, puisque cela a obligé EuropaCorp à revoir son plan média, et le maintenir pendant plus d'un mois. Cannes vaut-il cela ? En temps normal, sans concurrence, le film pouvait espérer facilement 2 millions de fans pour ce nouveau Fanfan. Avec Matrix 2 qui sort 48 heures après, on voit mal comment le public de Taxi et Besson va s'amouracher d'un film de cape et d'épée. Vincent Pérez - un fidèle de Chéreau et du Festival - est loin d'être une star du Box Office. C'est en ami qu'il a invité l'actrice espagnole à rejoindre les troupes : Pénélope Cruz, sexy, populaire, et première star du 56ème Festival. Cela ne suffit pas à enflammer les scores. Il faudra séduire d'autres cibles, d'autres tranches d'âge pour que ce Fanfan là (rien à voir avec Fanfan, la comédie romantique où Pérez tombait amoureux de Marceau) ne soit pas un flop, et qu'il atteigne avec panache le cap des 2 millions de spectateurs que seuls 3 films français ont passé cette année.
Pour l'anecdote historique, notez que le Sergent La Tulipe aurait existé et bataillé en 1745. Une première pièce fut mise en scène sur son sujet en 1820. Un opéra comique fut composé en son honneur en 1882, inspirée d'un drame de Paul Meurice créé en 1858. Les exploits de Fanfan furent romancés en 1896 par Paul Bilhaud avant qu'un roman du nom de "Le Grenadier Fanfan la Tulipe" ne paraisse en 1925. Ca ne date pas d'hier, donc!

Vincy



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