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Production : Choi Yong-bae
Réalisation : Bong Joon-ho
Scénario : Bong Joon-ho, Hah Joon-won, Baek Chul-hyun
Montage : Kim Sun-min
Photo : Kim Hyung-Goo
Décors : Ryu Seong-Hee
Distribution : Ocean films
Musique : Lee Byeongwoo
Effets spéciaux : The Orphanage
Durée : 114 mn

 

Bae Doo-Na : Park Nam-Joo
Park Hae-Il : Park Nam-Il
Byun Hee-Bong : Park Hee-Bong
Song Kang-ho : Park Gang-du
Ko A-Sung : Park Hyun-Seo

 

festival-cannes.com
site officiel

 

The Host (Gue-mooi)

Quinzaine des réalisateurs - Compétition
Corée du sud / sortie le 22.11.2006

Bong Joon-ho (Barking dogs never bite, Memories of murder) a une vision très personnelle de son métier de réalisateur puisqu’il déclare faire les films qu’il a envie de voir et que personne d’autre ne se décide à faire. C’est vrai que l’on est jamais aussi bien servi que par soi-même… Bong Joon-ho spectateur, donc, aime les films de genre qui mêlent humour noir, réalisme et imaginaire. Cocktail explosif et forcément intéressant dès lors qu’il est laissé aux mains d’un cinéaste qui n’a pas peur de grand chose et surtout pas de mélanger des éléments parfaitement opposés. « Si dans Barking dogs never bite, le quotidien et l’imaginaire manga entrent en collision, dans Memories of murder, c’est le réalisme et le genre », explique-t-il. « Dans The host, le conflit se trouve entre le bord de la rivière et l’apparition soudaine d’une créature inconnue qui transforme ce lieu en théâtre d’un grand désastre. Suite à l’apparition du monstre, cet endroit à la fois familier et populaire devient un lieu extrêmement étrange et dramatique. C’est le conflit entre la quotidienneté et l’imaginaire, entre la réalité coréenne et les caractéristiques du cinéma de genre, que j’ai voulu mettre en scène. Je pense que ce sont ces conflits que j’essaie d’explorer dans mes films. »





En plus, le réalisateur se plaît à désamorcer tous les aspects tragiques de son intrigue par une incursion parfaitement inattendue du burlesque. « Les situations les plus désastreuses ont toujours des aspects tragiques et comiques », se justifie-t-il. « Comme les héros du film sont plutôt pathétiques, il était inévitable qu’ils connaissent des situations loufoques. Evidemment, ils ne se battent pas avec des pistolets lasers. Je n’ai pas consciemment cherché à faire une comédie. Si un tel désastre arrivait en Corée, je suis certain que cela pourrait créer des situations similaires à celles décrites dans le film. »

Les sources d’inspiration de Bong Joon-ho sont variées. Lui qui se déclare amateur d’œuvres comme Le salaire de la peur de Henri-Georges ou La horde sauvage de Sam Peckinpah et d’auteurs tels que Hou Hsiao-hsien, Shohei Imamura et Kiyoshi Kurosawa, s’est inspiré pour The host de Signs de Night Shyamalan (« L’histoire se déroule dans des champs de maïs, soit un endroit banal et familier, alors qu’au centre de l’intrigue se trouvent des extraterrestres. L’histoire est décrite d’une façon très réaliste et c’est pareil dans mon film. ») et des Dents de la mer de Spielberg. « Quand j’ai parlé du projet pour la première fois, les gens avaient l’air perdu au sujet de la taille du monstre. La plupart pensaient à un monstre aussi gigantesque que Godzilla. Mais il est plutôt d’une taille similaire à celle d’Alien. Dans un sens, Les dents de la mer est également un film de monstre. La créature de mon film est un mutant. En tout cas, je ne crois pas qu’il existe un autre film ayant le même contexte que le mien. »

Tandis qu’en coréen, le film s’appelle Gue-mooi, ce qui signifie tout simplement « monstre », le titre anglais retenu également en France est à double sens. « La première signification de ce mot est "organisme vivant qui héberge un parasite". Compris ainsi, ce titre donne l’impression que le film traite de quelque chose de biologique ou de mutation », explique Bong Joon-ho. « L’autre sens de ce mot, "personne qui offre l’hospitalité", suggère la signification sociopolitique du film. »

MpM



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