1965
The Knack
(And How To Get It)
de Richard Lester
(G.Bretagne)
Je ne sais pas si beaucoup se souviennent de ce sympathique The Knack , qui valait bien la notoriété de Help! et de A Hard Day's Night, également signés Lester (qui réalisa aussi, en fin de carrière, Superman II et III !).

Pourtant, cette comédie au style irrévérencieux, racontant les déboires d'un instituteur en fin de vingtaine qui cherche encore l'âme soeur tandis qu'un de ses locataires semble disposer de toutes les filles qu'il veut, méritait bien la popularité de ses prédécesseurs.
Ce film, monté à l'emporte-pièce, souvent très drôle, faisait contraste avec le cinéma des Angry Men britanniques du free cinema, les pères de Ken Loach et Mike Leigh.

Aux préoccupations sociales de ceux-ci succédait l'exaltation d'une jeunesse extrovertie qu'aucun délire, aucune contrainte, ne semblait arrêter. Ainsi notre jeune instituteur qui, d'emblée, paraît taillé à quatre épingles, apprend-il très vite à se désinhiber au contact d'un locataire fantaisiste et d'une jeune fille qui passait par là et qui leur donnera un coup de main pour aller chercher dans un dépotoir le lit miraculeux qui devrait assurer toutes les conquêtes.
Et à partir de ce moment l'élégant locataire, qui prend ses habiletés de séducteur très au sérieux, en prend pour son rhume...

Le message du film s'avère fort simple: amusez-vous, tant que ça dure.
On pense un peu à À bout de souffle en regardant cet opus anarchique. Mais pour ce qui est d'y trouver un commentaire social de quelque substance, on repassera: si ce film comporte d'emblée certaines prémices à ce niveau, il a tôt fait de les désamorcer au profit d'un exercice humoristique où de jeunes acteurs de théâtre semblent s'en donner à coeur joie dans une comédie archétypale lâchement scénarisée.
Cette chute grandissante vers un épicurisme sans motif véritable préfigure les révoltes surréalistes d'un If..., signé Lindsay Anderson, qui allait lui aussi, quelques années plus tard, être primé à Cannes. Mais lorsqu'on jette un coup d'oeil sur les palmes d'or qui furent distribuées à la même époque (Les parapluies de Cherbourg, Un homme et une femme...), on se dit que le temps, comme qui dirait, était à l'insouciance générale...


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